Hommage aux morts de la rue d’Isly

Hommage aux morts de la rue d’Isly

Lundi 26 mars dernier, date de la commémoration nationale du massacre de la rue d’Isly, autorités civiles et militaires, patriotes et porte-drapeaux étaient réunis devant la stèle mémorielle afin de se recueillir.

Après les traditionnels dépôts de gerbe, Robert Craba, Adjoint au Maire en charge des Associations et Président de l’AFAN (Amicale des Français d’Afrique du Nord et des Sympathisants d’Agde et de sa Région) a ouvert les discours en demandant à l’assistance de «se souvenir de ceux qui sont tombés parce qu’ils étaient Français. Nous commémorons les martyrs, les anonymes, les héros oubliés, les fils et les filles de l’Algérie Française !… Nous leur disons notre attachement fraternel, nous leur adressons nos prières sincères…».

Lucienne Labattut, Conseillère Municipale déléguée à la Réglementation a ensuite pris la parole en rappelant que «C’est toujours avec une émotion particulière que nous commémorons chaque année le 26 mars 1962 et la fusillade de la rue d’Isly. Émotion particulière car, ce jour-là, des soldats français firent feu sur des compatriotes désarmés faisant 46 victimes et près de 200 blessés. Ce drame incompréhensible pour les patriotes que nous sommes continue, plus d’un demi-siècle après son déroulement, à hanter notre conscience nationale. Comment a-t-on pu en arriver là ? Comment a-t-on pu s’en prendre avec une telle violence à des citoyens français qui n’avaient pour seule volonté que de défendre leur attachement à une terre qui était celle de leurs ancêtres, celle où ils avaient mis au monde leurs enfants et surtout celle qu’ils avaient su si vaillamment rendre fertile et hospitalière. Nous ne le répèterons jamais assez les Français d’Algérie furent victimes de la pire des injustices. Quoi de plus terrible en effet que de subir après la perte d’êtres chers massacrés par le FLN, le déracinement et enfin la violence, à travers son armée, d’un État qui est le vôtre et dont la vocation première est de nous protéger. Certains diront que c’était le sens de l’histoire, que l’intérêt national imposait ce sacrifice. Peut-être, mais devez-t-on pour autant négliger à ce point les familles françaises qui allaient en payer le prix. Aussi, aujourd’hui, comme hier, nous devons redire en ce temps de repentances souvent mal ajustées, la culpabilité collective qui est la nôtre vis-à-vis de la manière dont ont été traités les Français d’Algérie. Cette repentance-là est légitime. Car si nous avons commis un crime en Algérie, c’est de ne pas avoir su protéger nos enfants. Aussi, c’est toujours avec la même amertume que nous pleurons les morts de la rue d’Isly. Morts d’avoir trop aimés leur patrie.

Morts d’avoir cru en la parole de l’État.

Mais morts surtout pour la France, cette France qui avait pour eux les couleurs éclatantes d’une terre bercée par le soleil de la Méditerranée».

La cérémonie a pris fin au son du chant traditionnel chant des Africains.

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